ASSOCIATION INTERNATIONALE DES ECHECS FRANCOPHONES

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La République de Djibouti demande son adhésion à l’AIDEF

La Fédération Djiboutienne de jeu d’Echec, représentée par son président Monsieur Mohamed ELMI BOULALEH vient de faire sa demande d’adhésion à notre association. A l’unanimité, les membres de notre comité directeur se sont exprimés en faveur. Nous souhaitons la bienvenue aux joueurs djiboutiens au sein de notre famille des échecs francophones qui compte à ce jour 36 membres.

En guise de cadeau de bienvenue, nous proposons à un de leurs joueurs de participer en tant qu’invité de l’AIDEF et de la Fédération québécoise des échecs aux prochaines "Rencontres Internationales des Echecs Francophones" qui auront lieu cet été à Montréal.

La République de Djibouti, anciennement Côte française des Somalis puis Territoire français des Afars et des Issas

Etat d’Afrique orientale, Djibouti est baigné par l’océan indien à l’est et limité par la somalie au sud, par l’Ethiopie au sud et à l’ouest et par l’Erythrée au nord.
Territoire aride, la région offre surtout un intérêt stratégique par sa situation à l’entrée de la mer rouge. La population, juxtaposant deux ethnies dominantes (Afars et Issas), islamisée, vit surtout de l’élevage ovin dans l’intérieur. Plus de la moitié des habitants se concentrent à Djibouti.

1. Le milieu naturel :

La République de Djibouti est située à l’entrée de la mer Rouge (détroit de Baab al-Mandab), à la jonction de deux grandes zones de fractures de l’écorce terrestre : la Rift Valley d’Afrique orientale et la grande fracture le long de laquelle se séparent les plaques africaine et arabique en donnant naissance à la mer Rouge. C’est donc une zone d’instabilité tectonique où les phénomènes volcaniques sont fréquents. La tectonique cassante a dénivelé des blocs, culminant à près de 2 000 m d’altitude, alors que le lac Assal est le point le plus bas de l’Afrique (au-dessous du zéro marin). Le climat est semi-aride. Les pluies surviennent à n’importe quel moment de l’année et sont très irrégulières (29 mm en 1966 à Djibouti, 557 en 1967 ; moyenne : autour de 150 mm par an). Les températures permettent de distinguer une saison chaude, de mai à septembre (35 °C environ) et une saison plus fraîche (25 °C environ) d’octobre à avril. La brise de mer qui s’installe en milieu d’après-midi entraîne une diminution des températures de 8 °C en quelques minutes et une remontée de l’humidité relative. La végétation clairsemée est constituée d’arbustes ou buissons épineux xérophyles (acacias, euphorbes, etc.). Elle permet tout juste de nourrir les troupeaux (chameaux, bovins, ovins, caprins) des pasteurs nomades.

Les conditions naturelles sont donc peu favorables aux productions rurales, dominées par l’élevage, les cultures se limitant à un peu de maraîchage. La sécheresse des années 1980 a accéléré le déclin du nomadisme traditionnel en provoquant un important afflux de pasteurs vers la capitale, renforcé par l’arrivée de réfugiés éthiopiens et somaliens.

2. Une capitale-état

Par sa position géographique et stratégique, la ville de Djibouti, qui regroupe
plus des quatre cinquièmes de la population, a une économie fondée sur les
échanges et sur le développement d’activités de services. C’est avant tout un
port, récemment agrandi (Moraleh), avec une population cosmopolite et des
activités commerciales omniprésentes, bien que le chemin de fer d’Addis-Abeba ne
dispose plus du monopole de fait de l’approvisionnement de l’Éthiopie. Djibouti,
par nature, est très sensible à la conjoncture régionale. Les guerres civiles
extérieures (Somalie, Éthiopie) et internes (depuis 1994) ont eu des
répercussions sur l’économie, et la France a dû intervenir pour soutenir un
revenu national très supérieur aux pays voisins. Le pays accueille une base
militaire française dont les effectifs ont été récemment ramenés de 3 200 à
2 600 soldats. Les transferts financiers correspondants compensent en
partie le déficit structurel de la balance commerciale (le pays importe la
quasi-totalité de ses biens de consommation). Malgré ses liens étroits avec la
France, Djibouti ne fait pas partie de la zone franc, sa monnaie – le franc
djiboutien – étant rattachée au dollar. La religion musulmane (rite
sunnite) ne suffit pas à assurer l’unité du pays, que menacent régulièrement les
antagonismes entre les deux principaux groupes humains, les Afars (présents
principalement dans le Nord et l’Ouest) et les Issas (population somalie vivant
dans le Sud), aujourd’hui majoritaires.

3. Histoire : La période coloniale

En 1862 le drapeau français est hissé sur Obock, mais c’est seulement en 1884 que Léonce Lagarde occupe le poste et passe des conventions avec les chefs afars et somalis. En 1888 est créé Djibouti. Lagarde noue des relations amicales avec l’empereur Ménélik, fait préciser la frontière avec l’Abyssinie et commencer le chemin de fer franco-éthiopien (1897-1917). En 1896, la colonie prend le nom de Côte française des Somalis. En 1940, elle évite l’occupation italienne, mais est bloquée par les Anglais jusqu’au ralliement à la France libre, en décembre 1942.

Territoire d’outre-mer à partir de 1946, la Côte française des Somalis est pourvue, en 1957, d’un conseil de ministres de 8 membres, présidé par le gouverneur et élu par l’Assemblée territoriale, composée de 32 membres élus ; elle est en outre représentée à Paris par un député et un sénateur. Mais déjà la Côte française des Somalis et surtout son port, Djibouti, suscitent les revendications simultanées de l’Éthiopie et de la Somalie. À l’intérieur, deux ethnies rivales s’opposent : les Afars et les Somalis issas. La majorité de ces derniers, concentrés surtout à Djibouti, voudrait le rattachement à la Somalie britannique, indépendante depuis 1960, les premiers souhaitant leur maintien au sein de la République française. En août 1966, au cours d’un voyage à Djibouti, le général de Gaulle fait entendre que le pays pourra choisir démocratiquement son destin. Mais de graves émeutes éclatent en septembre.

Le 19 mars 1967, un référendum donne une nette majorité aux partisans du maintien au sein de la République française avec un statut renouvelé de gouvernement et d’administration. Ali Aref est élu vice-président du Conseil de gouvernement (5 avril 1967). Sur demande de l’Assemblée territoriale, le territoire prend le nom de Territoire français des Afars et des Issas (juillet 1967). En application du nouveau statut, les élections législatives de novembre 1968 envoient à la Chambre des députés du Territoire une majorité conduite par Ali Aref, leader des Afars ; celui-ci est élu à la tête du gouvernement.

L’indépendance

Un Front de libération de la Côte des Somalis est créé à Mogadiscio par les Issas : par des opérations diverses, il attire l’attention de l’opinion internationale sur l’indispensable indépendance du Territoire. Conduits par Hassan Gouled Aptidon, les plus modérés des membres du Front se regroupent dans l’Union populaire africaine (Somalis), qui, en 1972, fusionne avec la Ligue pour l’avenir et l’ordre (Afars) pour former la Ligue populaire africaine pour l’indépendance (LPAI). Les difficultés économiques comme les tensions sociales sont nombreuses dans le Territoire. La fermeture du canal de Suez est très préjudiciable à Djibouti, qui, depuis 1967, a perdu plus de 75 % de son trafic ; cette situation contribue à accentuer le sous-équipement et le sous-emploi général.

En 1975, l’Union nationale pour l’indépendance, parti qui soutient Ali Aref, amorce le processus pour l’indépendance, dont le principe est reconnu par le gouvernement français le 18 mai 1977. Après référendum, le Territoire français des Afars et des Issas accède à l’indépendance, le 27 juin, sous le nom de République de Djibouti : H. Gouled Aptidon devient président du Conseil de gouvernement, puis président de la République ; le 12 juillet, Ahmed Dini est désigné comme Premier ministre : il démissionnera dès le 17 décembre 1977 au profit d’Abdallah Mohamed Kamil, lui-même remplacé, dès octobre 1978, par Barkat Gourat Hamadou. Le 3 septembre 1977, la République a été admise dans la Ligue arabe. En mars 1979, H. Gouled Aptidon crée le Rassemblement populaire pour le progrès, qui se substitue à la LPAI et qui sera institué parti unique en octobre 1981. Il est réélu à la présidence de la République en juin 1981 et en avril 1987.

Guérilla et parodie de démocratisation

H. Gouled Aptidon tarde à faire droit à la contestation qui s’exprime clairement à partir de 1990 : attentat du 27 septembre 1990, tentative de coup d’État de janvier 1991 et, surtout, déclenchement au printemps 1991 de la guérilla afar menée par le Front révolutionnaire pour l’unité et la démocratie (FRUD). La France, tout en appuyant militairement le pouvoir, fait pression sur lui pour que soit initié un processus démocratique. Un multipartisme limité est reconnu par la Constitution de 1992, mais les élections pluralistes qui s’ensuivent (législatives de décembre 1992 et de décembre 1997, réélection de H. Gouled Aptidon en mai 1993) sont peu représentatives du fait de boycotts, d’abstentions et d’irrégularités. En avril 1999, Ismaïl Omar Guelleh, candidat du parti au pouvoir à Djibouti depuis plus de vingt ans et dauphin du président sortant, remporte l’élection présidentielle avec une large majorité des voix.

L’accord signé avec la principale faction du FRUD le 26 décembre 1994 ne réussit pas à ramener totalement le calme ni la réconciliation : la guérilla, récurrente, reprend avec plus de vigueur à partir de septembre 1997, malgré les efforts de conciliation de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) qui regroupe les pays d’Afrique orientale. En février 2000, le gouvernement et la faction « dure » de la rébellion signent un accord de cessez-le-feu, suivi, le 12 mai 2001, d’un accord de paix global qui prévoit le désarmement du FRUD et son intégration dans la vie civile. À la suite de l’instauration du multipartisme en 2002, les premières élections multipartites depuis 1977 sont organisées en janvier 2003. Mais l’opposition, réunie au sein de la coalition Union pour l’alternance démocratique (UAD) emmenée par Ahmed Dini, dénonce des fraudes, faute d’avoir pu obtenir un seul siège.

Après les attentats du 11 septembre 2001, Djibouti accueille, en 2002, une base américaine : entre 1 500 et 1 800 hommes destinés à intervenir contre d’éventuels groupes terroristes dans une région qui s’étend de l’Afrique orientale à la péninsule arabique, ainsi que la plus importante base militaire française à l’étranger. Ces bases contribuent à l’économie du pays qui repose essentiellement sur le trafic portuaire, notamment à destination du géant éthiopien enclavé.

Par ailleurs, la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes a placé Djibouti au cœur du dispositif naval mis en place par UE et l’OTAN, ainsi que par plusieurs marines nationales. Ce rôle stratégique pourrait expliquer la relative passivité de la communauté internationale face aux atteintes aux libertés, régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits de l’homme.

Unique candidat à l’élection présidentielle de 2005, le président sortant Ismaïl Omar Guelleh est facilement réélu. L’opposition, dénonçant le mode de scrutin législatif – scrutin de liste à un tour, qui favorise fortement la majorité – boycotte les élections législatives de février 2008. En février 2011, les autorités répriment dans le sang une manifestation de plusieurs milliers de personnes – la plus importante depuis l’indépendance – réclamant un changement pacifique et démocratique du régime et le départ d’Ismaïl Omar Guelleh. Ce dernier, grâce à une révision constitutionnelle adoptée en avril 2010 lui permettant de briguer un troisième mandat consécutif, est réélu en avril 2011 (avec 80,6 % des voix) face à Mohamed Warsama Ragueh (19,4 %), ex-président du Conseil constitutionnel.

C’est dans un climat politique très tendu que se déroulent les élections législatives du 22 février 2013. Pour la première fois depuis près de dix ans, les partis politiques de l’opposition, réunis au sein de l’Union pour le salut national (USN), décident de participer au scrutin. Mais de nombreux opposants sont l’objet d’intimidations : de retour d’exil le 13 janvier, Daher Amhed Farah, président du Mouvement pour le Renouveau démocratique et le Développement (MRD) principal parti d’opposition, et porte parole de l’USN, est ainsi arrêté à quatre reprises avant d’être condamné à la prison ferme pour « appel à la rébellion ». La victoire écrasante de l’Union pour la majorité présidentielle, avec officiellement 85 % des voix et 55 sièges sur 65, est vivement contestée par l’opposition, qui, réduite à 10 sièges, dénonce les fraudes et boycotte la première réunion de l’assemblée. D’importantes manifestations sont violemment réprimées par le pouvoir.

4. La Francophonie

Le pays est membre de l’Organisation internationale de la francophonie. Les régions de Dikhil et de Tadjourah sont membres de l’Association internationale des régions francophones. La ville de Djibouti est membre de l’Association internationale des maires francophones

Depuis quinze ans, l’arabe prend de plus en plus d’importance. L’anglais, lui aussi, frappe à la porte. Un rééquilibrage culturel d’un côté, un virage commercial de l’autre. Et la fin d’une hégémonie...

Héritage de plus d’un siècle de présence française (entre 1862 et 1977), la francophonie ne sera-t-elle bientôt plus qu’un lointain souvenir à Djibouti ? Évidemment, non. Elle y possède encore de solides bastions, et parler de "déclin" serait exagéré. Mais le simple fait de poser la question témoigne d’une évolution de fond. L’arabe et avec lui l’anglais, qui tend à s’imposer comme la langue des affaires et du commerce international, ont acquis droit de cité, y compris dans les hautes sphères de l’État.

Du temps du président Hassan Gouled Aptidon (1977-1999), il eût été inconcevable qu’un membre du gouvernement puisse s’exprimer dans une langue autre que le français en Conseil des ministres. Aujourd’hui, sans être banale, la chose est admise et ne choque plus. Ismaïl Omar Guelleh, le successeur de Hassan Gouled, a choisi une approche plus pragmatique : celle de valoriser les compétences djiboutiennes, indépendamment de la langue d’usage.

Symboliquement, l’une des premières décisions du nouveau président, en 1999, a été de placer cadres arabophones et cadres francophones sur un pied d’égalité dans l’administration et d’aligner la rémunération des premiers sur celle des seconds, alors qu’elle était généralement inférieure de 30 à 50 %. Dans la foulée, un périodique gouvernemental en langue arabe, Al Qarn, a été créé.

Parrainé et soutenu par ses voisins yéménites et saoudiens, Djibouti avait officiellement adhéré à la Ligue arabe dès le 3 septembre 1977. Un choix dicté par une volonté de prosélytisme culturel, mais non exempt d’arrière-pensées géopolitiques : l’adhésion de la petite république visait à achever de transformer la mer Rouge en "lac arabe" et à accroître par conséquent l’isolement d’Israël.

Le pays élève alors logiquement l’arabe au rang de langue officielle, à l’instar du français. Son appartenance à la Ligue arabe et à l’Organisation de la conférence islamique (OCI) le rend éligible aux généreux subsides des pays du Golfe. L’enseignement de l’arabe est assuré par des coopérants tunisiens, en vertu de conventions signées entre les dirigeants des deux pays, Hassan Gouled et Habib Bourguiba partageant le même tropisme pro-occidental.

Méfiance à l’endroit des arabophones

Ces mesures, essentiellement cosmétiques, ne doivent pas faire illusion : l’arabité de Djibouti est longtemps restée en trompe l’oeil. Dès 1977, l’indépendance a été synonyme de marginalisation des arabophones. Elle s’est traduite par la victoire de la ligne incarnée par le président Hassan Gouled Aptidon sur celle de son grand rival, le Premier ministre Ahmed Dini.

"L’adhésion à la Ligue arabe était une concession faite à Dini par Gouled, analyse le journaliste Ali Barkat Siradj, directeur de la rédaction du quotidien francophone La Nation. Dini, qui était un érudit aussi à l’aise en arabe qu’en français, n’imaginait pas d’avenir pour Djibouti en dehors de son environnement régional. Mais Gouled nourrissait une méfiance atavique à l’endroit des arabophones. Il était partisan d’une alliance étroite, voire exclusive, avec la France.

Il avait siégé à l’Assemblée nationale française dans les rangs du parti gaulliste et avait conservé de solides amitiés dans les milieux franco-africains à Paris. Il a joué ostensiblement la carte de la France, pensant que c’était le meilleur moyen de garantir ses intérêts. N’oublions pas que nous étions alors en pleine guerre froide..." De fait, les quelques cadres arabophones de la fonction publique sont marginalisés, cantonnés à des tâches subalternes. Un "apartheid linguistique" qui perdurera jusqu’en 1999.

La séquence qui s’est ouverte avec l’accession au pouvoir d’Ismaïl Omar Guelleh marque un rééquilibrage et la fin de l’hégémonie culturelle du français. Le nouveau président, qui parle l’arabe et a longuement séjourné dans les pays de la Péninsule, a conscience des opportunités économiques qu’offrent les pays du Golfe. Il veut sortir du tête-à-tête étouffant avec Paris, ouvrir son pays aux investisseurs arabes et internationaux. "Le tout-francophone" peut effectivement représenter un handicap à l’ère de la mondialisation. Et le bilinguisme, au contraire, un atout dont Djibouti aurait tort de se priver.

Cependant, la promotion symbolique de l’arabe ne s’est pas accompagnée d’une quelconque volonté de dépréciation du français. "C’était une correction nécessaire, relativise Ali Barkat Siradj. L’arabe fait intimement partie de l’identité djiboutienne, il imprègne nos langues vernaculaires et, de par son caractère liturgique, revêt aussi une dimension charnelle. Le choix arabe de Djibouti se défend. Avant d’être guidé par des considérations utilitaristes ou mercantiles, il correspond à une évidence culturelle."

En réalité, le reflux relatif de la francophonie et la réévaluation du statut de l’arabe ne semblent même pas être liés. Les causes sont multiples. "Si le niveau d’expression en français a reculé, déplore un universitaire, cela tient d’abord aux carences et aux faiblesses du système d’enseignement. Les coopérants français sont partis sans que la relève soit assurée. Et, en parallèle, nous avons enclenché la "massification" de l’enseignement. L’augmentation du taux de réussite au baccalauréat et dans le supérieur a pu jouer au détriment de la qualité." La raréfaction des visas d’études et de séjour en France a achevé de couper les jeunes générations de l’Hexagone.

La francophonie : désuète ?

Mais l’hypothèque qui risque de peser le plus lourdement sur la francophonie djiboutienne est économique. Le dynamisme des entreprises des pays émergents contraste avec l’attentisme des entreprises françaises. "Il n’y a eu aucun investissement français significatif depuis 1999, alors qu’on ne compte plus les investissements arabes ou chinois, poursuit notre universitaire. L’aide au développement et la coopération diminuent d’une année sur l’autre. Nous avons le sentiment que la France abandonne ses positions sans combattre et nous nous sentons à la fois orphelins et trahis. La francophonie risque de prendre un caractère désuet pour nos enfants." Bien plus encore que l’arabe, c’est l’anglais, langue de communication internationale, qui a aujourd’hui le vent en poupe auprès des plus jeunes.

Les idiomes véhiculant toujours un imaginaire et des modèles sous-jacents, la querelle linguistique larvée trouvera-t-elle des prolongements sur le terrain culturel et politique ? C’est la crainte formulée par certains, tentés d’établir un parallèle un peu rapide avec la situation dans les pays du Maghreb, où la guerre entre arabophones et francophones recouvre fréquemment un clivage entre islamistes et tenants d’un modèle séculier.

"Il y aurait les athées d’un côté et les croyants de l’autre ? C’est absurde ! L’islam réunit et fédère les Djiboutiens qui communient dans le même culte. Et notre manière de vivre la religion est foncièrement tolérante", affirme Kader Ali Dirani, chercheur et ancien directeur de la télévision nationale. Avant de concéder que, dans certaines mosquées, des tensions peuvent apparaître entre les fidèles sur la manière d’accomplir les rituels ou de se prosterner pendant la prière. Autant de signes qui témoignent de ce qui ressemblerait, ici ou là, à un début de raidissement "salafiste".

Face à l’apparition d’un parti d’obédience religieuse, le Model (Mouvement pour le développement et la liberté), animé par des théologiens arabophones, lors la campagne pour les élections législatives de 2013, les autorités ont opté pour une réponse à double détente. Elle vise à la fois à conforter et à rehausser la place de l’islam, avec l’insertion d’un alinéa au préambule de la Constitution qui en fait la religion de l’État, tout en renforçant le contrôle sur le champ religieux. Un compromis fragile, mais qui pourrait devenir pérenne, si tout le monde y met du sien.

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